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La puissance du "sexe faible"...

Dernière mise à jour : 13 avr. 2023

Dans notre culture patriarcale, on ne connait le mot "puissance" qu'au masculin, c'est-à-dire la force en action, 2 caractéristiques propres non pas aux hommes mais à l'apanage du masculin au sens énergie du terme. Au cas où il soit utile de reposer là ce principe de base qu'en tant qu'être humain, et quelque soit notre genre, nous sommes tous traversés par 2 types d'énergies: l'énergie du masculin et l'énergie du féminin, influençant nos comportements et possédant chacun des spécificités complémentaires parce que différentes justement.


Si le sexe "faible" était si faible que ça, il ne ferait pas autant peur au patriarcat qui n'hésite pas à sortir l'artillerie lourde pour tenter de neutraliser les femmes et le féminin depuis des siècles. La vérité est ailleurs et voici quelques ébauches de réflexion sur ce sujet passionnant et surtout très éclairant sur les problématiques qui sévissent dans notre monde actuel.


De très nombreuses femmes ont honte de subir ce racisme systémique, et d'incarner malgré elles les représentantes de ce sexe dit "faible". Et pour faire taire la douleur de ce sentiment d'injustice et d'humiliation profonde, nombreuses se sont mises à jouer les gros bras en adoptant des comportements propres à l'énergie du masculin, rivalisant de force, d'efforts, de lutte, d'hyper-activité, prouvant leurs capacités etc...sans voir que ce comportement empire la chose en ne faisant, au fond, que cautionner et renforcer cette croyance évidemment fausse que le féminin n'aurait vraiment effectivement aucun intérêt.


Le féminin et le masculin: 2 puissances différentes dont l'une reste peu (re)connue!


La culture patriarcale s'établissant principalement sur des comportements masculins porte depuis des lustres un jugement de valeur rabaissant les valeurs du féminin. Or, ces 2 polarités sont pourtant de valeur identique tout en ayant chacune leurs différences. Ces inégalités qui font l'objet des combats entre les hommes et les femmes n'existent que dans la façon dont la culture patriarcale établit ses propres jugements de valeurs, car si on observe le féminin et le masculin en dehors de ces lectures sociétales biaisées, on se rend bien compte à quel point les 2 sont aussi valeureux l'un que l'autre, et tout autant indispensables à la création (création au sens général du terme)


La puissance d'un être humain, ce que la médecine chinoise appelle le Chi sur les plans physiques et énergétiques, se situe sous le nombril au niveau du chakra sacré, qui est le centre énergétique de la créativité correspondant aussi à nos organes sexuels. Qu'il s'agisse du masculin ou du féminin, la puissance est donc en rapport avec notre énergie sexuelle et notre capacité à créer de la vie.


À partir de là, on comprend mieux la définition du mot puissance au masculin, qui se définit en terme de force et d'action directe. Le sexe autant que l'énergie dite du masculin correspondrait donc à la partie visible, concrète et tangible de l'iceberg, celle que même Saint Thomas ne pourrait pas remettre en question tant elle apparait si évidente. A l'opposée de cette puissance visible de la force et de l'action qui s'impose, une puissance d'une autre nature s'expose: celle du féminin s'érige en profondeur, accueillant le réel à bras ouverts, inconditionnellement. Laissant-être ce-qui-est dans une foi puissamment courageuse et confiante. Et agissant comme l'empêcheuse de mourir en rond quand le vivant est menacé, remettant en question les ordres établis lorsqu'ils ne servent plus la Vie.


Que le masculin plante avec force et vigueur la graine pour créer la vie, encore faut-il qu'il y ait en face un terreau de qualité pour l'accueillir, au sein duquel la graine plantée va pouvoir germer et grandir. Un réceptacle capable de recevoir et de contenir la vie en gestation. Pour pouvoir accueillir et contenir le trésor , le réceptacle doit être vide, creux, et offrir un abri sécurisant et sécurisé pour permettre à la vie depuis l'intérieur de cette grotte sombre de prendre le temps de se nourrir pour continuer à se déployer ensuite dans le monde extérieur et concret (qu'on-créé).

Voilà qui nous donne plusieurs indices sur ce qu'est en réalité la puissance du féminin:

Quand la puissance du masculin (activement passive) agit directement de façon visible, la puissance du féminin (passivement active) accueille la puissance du Vivant, donc l'invisible dans l'ombre de son creuset intérieur pour qu'il naisse ensuite au monde concret et visible de la matière.


"Dieu comble de biens les affamés et renvois les riches les mains vides." Cantique de Marie


Au niveau des différentes puissances, à travers l'acte sexuel on observe que l'un donne et l'autre reçoit. Les 2 en ressentent du plaisir. Pourquoi y-aurait-il une puissance (celle qui reçoit) inférieure à l'autre?! A ce stade on se rend compte du non-sens de ces jugements de valeur à l'emporte-pièce.

On comprend mieux aussi pourquoi dans notre société, on est beaucoup plus à l'aise lorsqu'il s'agit de donner que lorsqu'on doit recevoir...

Donner, c'est avoir à la base. C'est donc aussi peut-être se croire en position de force. Alors que recevoir, c'est être en manque à la base, ce qui peut être vécu comme une infériorité. Or, celui qui est en manque ne prend que le risque d'être comblé. Contrairement à celui qui donne, qui parce qu'il donne prend le risque d'être vidé...quelle posture est la plus enviable, finalement? probablement les 2...à égalité.


La puissance de la vulnérabilité.

N'est jamais aussi fragile que celui ou celle qui nie sa vulnérabilité. Pour comprendre à quel point la vulnérabilité est en réalité une force, il suffit de voir ces brins d'herbes tendres et frêles percer la couche de bitume d'un trottoir pour ne plus jamais en douter...

Je ne sais plus qui disait que nous traitions la nature comme le féminin: en essayant de la dominer et d'en exploiter toutes ses ressources jusqu'à épuisement...

La puissance au masculin c'est la force pour agir directement sur la matière. Et pour que cette puissance reste saine, encore faut-il ne pas s'en servir pour abuser! Celle du féminin, c'est l'accueil inconditionnel de ce-qui-est, de la vie (de Dieu?!) telle qu'elle se présente. La puissance du féminin, c'est la force du laisser-être et certainement de l'être tout court d'ailleurs. L'être dans son immense vulnérabilité - dont le contraire n'est pas la force mais l'insensibilité!- reçoit la puissance du vivant, et la laisse oeuvrer à son rythme et selon sa volonté, rien de moins que ça...

On comprend mieux pourquoi cette humanité qui n'a juré jusqu'à présent que sur ce qui se voyait (et donc existait) a fonctionné essentiellement à partir de cette puissance du masculin dont l'erreur consiste orgueilleusement à se croire être à l'origine de lui-même...chacun ne misant que sur ses propres forces.

Si la puissance du masculin nous permet d'agir directement sur la matière, la puissance du féminin quant à elle consiste à faire acte de foi en laissant-être les choses, autrement dit en remettant les dossiers à cette force de vie qui nous traverse et nous dépasse. Ce qui implique d'admettre l'existence de cette force invisible que certains appellent Dieu, et de considérer aussi l'existence et de prendre soin de tout cette part invisible, mais belle et bien réelle de l'être sensible, capable d'éprouver la vie à travers des émotions, des ressentis, de l'intuition, des énergies, capable d'imaginer et de rêver. Il semble que l'humanité arrive aujourd'hui à une étape charnière de son évolution dans laquelle ses 2 types de puissances devront s'unir pour progresser et grandir vers plus de maturité. L'avenir sera spirituel ou ne sera pas.















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