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Mère-enfant: quand les rôles sont inversés...

Dernière mise à jour : 18 avr. 2023

Lorsqu’une fille grandit dans une famille patriarcale, c’est-à-dire au sein d'un clan institutionnel qui valorise le masculin au mépris des valeurs du féminin, la fille se construit sans recevoir beaucoup d’attention, sans obtenir ni reconnaissance ni amour. Une fois parvenue à l’âge adulte, cette fille construite sur ces manques au niveau de son être souffre sans toujours en être consciente de ce qu'on pourrait appeler le syndrome de la coquille vide.

Une fille dont les besoins de l’être ont été négligés toute son enfance et son adolescence évolue généralement dans un état d’immaturité affective qui se révèle à l'âge adulte, créant toute sortes de dépendances et de problèmes dans tous les domaines de sa vie de femme.


Lorsque cette femme devient mère à son tour, elle va inconsciemment attendre que son enfant comble les lacunes de la femme intérieurement vide qu’elle continue d’être à défaut d’avoir fait le travail de réparation intérieure nécessaire.

A travers son état d’extrême vulnérabilité et de dépendance totale, parce que sa vie en dépend, le bébé qui vient au monde aime naturellement sans conditions sa mère. Et c’est à travers cette première dépendance naturelle que s’instaure de façon inconsciente un renversement des rôles : chargé à son insu de devoir compenser l’amour, la reconnaissance, la valorisation et la sécurité affective que sa mère n’a pas reçu de ses propres parents, le bébé devient la source d'amour de sa mère.


L’enfant se retrouve donc chargé à son insu et dès sa naissance d’une mission extrêmement lourde, qui non seulement est impossible à accomplir pour un enfant- qui par définition n’est déjà pas capable de s’occuper seul de lui-même- mais en plus le prive de ce dont il a naturellement droit et besoin.

En plus d’être privé d'enfance, d'insouciance, de sécurité affective et d'individuation, l’enfant parentalisé, qui sent bien que sa survie dépend du bien-être émotionnel et affectif de sa mère, va s’oublier lui-même pour pouvoir se mettre de façon exclusive au service des besoins affectifs de sa mère. L’enfant va par tous les moyens tenter de nourrir, distraire, consoler, rassurer, valoriser et célébrer celle qui est sensée accomplir tout cela pour lui !

Non seulement cet enfant va développer à son tour en grandissant le syndrome de la coquille vide qui se révèle surtout à l’âge adulte, mais en plus il risque de devenir, au moindre pas de travers dans ce rôle de parent réparateur de sa mère, la cible des projections inconscientes de la colère et de la rancœur que sa mère continue d’éprouver à l’égard de ses propres parents qu'elle n'a toujours pas *honoré, c'est-à-dire des parents faillibles auxquels elle n'a toujours *pas remis le poids de leur humanité, de leur responsabilité et de leurs erreurs.

L’enfant parentalisé grandit dans un climat d’insécurité constant avec cette idée qu’il n’est à la hauteur de rien sans voir que cette mission inconsciente dont on l’a affublé souvent dès sa venue au monde est non seulement impossible à réussir, mais aussi et surtout totalement abusive et destructrice pour lui comme pour sa mère.

Cet enfant sera non seulement privé à son tour d’amour et de reconnaissance, mais aussi de liberté car lorsqu’il voudra quitter le nid familial, sa mère toujours aveuglée par sa propre dépendance affective lui reprochera de l’abandonner ou de la rejeter, voire même des certains cas extrêmes, de la tuer. Le fait que l’enfant parentalisé devenu jeune adulte quitte le clan familial réactive souvent chez la mère non-guérie un sentiment de trahison qu’elle peut être tentée de faire payer à cet enfant en le culpabilisant de vouloir utiliser son énergie non plus pour l'alimenter elle mais pour construire son propre clan à lui. L'enfant parentalisé devenu adulte se retrouve culpabilisé par sa propre mère de vouloir garder son énergie et désirer vivre pour lui-même et sans cette mère qui, sans le savoir la plupart du temps, le parasite depuis sa naissance.


Prendre la responsabilité de devenir une bonne mère pour soi-même, c'est s'engager à prendre soin et à réparer la femme blessée et en manque d'amour en nous: c'est le plus beau cadeau qu'une femme puisse se faire à elle-même, mais aussi à ses enfants et au monde en contribuant à changer les anciens paradigmes pour semer de nouvelles graines pour les générations futures!


Texte et réflexion inspirés du livre de la coach et auteure américaine Bethany Webster, « Être une mère pour soi-même, devenir une femme libre et puissante » présenté par Fabrice Midal, aux éditions Robert Laffont. Toutes les informations sur les stages que j’ai élaborés à partir de ces thèmes en cliquant ici


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