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Quand interdire la colère nous casse dans notre puissance

Dernière mise à jour : 2 mai 2023

La colère, cette émotion "interdite" dans notre culture, considérée comme l'un des 7 péchés capitaux dans la religion est pourtant, comme toutes nos émotions, essentielle à notre survie et notre bien-être.


Quand le lion se met en colère, c'est que son espace vital a été intrusé. Dans la nature, donc naturellement, les animaux ne se mettent pas en colère, sauf lorsque quelqu'un ou quelque chose a dépassé les bornes, a enfreint le périmètre de sécurité, envahit leur territoire.

Il n'y a pas de fumée sans feu. Lorsque je ressens de la colère, c'est clairement le signe que mon corps a détecté un abus. Ressentir de la colère m'informe que quelque chose d'important en moi a été bafoué. Qu'il soit d'ordre géographique, physique, moral ou psychologique, un abus reste un abus et bien que mon esprit ne s'en rends pas compte, mon corps, cette part de moi incapable de mentir, ne s'y trompe pas.

Je peux ressentir de la colère face à quelqu'un qui pénètre mon espace intime sans autorisation préalable de ma part: lorsque quelqu'un essaye de me dominer en me soumettant à sa volonté, quand quelqu'un tente de faire quelque chose qui m'incombe à ma place ou bien me donne des directives ou des conseils alors que je ne lui ai rien demandé, quand quelqu'un ne respecte pas ma liberté, m'infantilise, me sur-protège jusqu'à m'empêcher de respirer, lorsque quelqu'un me culpabilise, se permet de me juger ou bien tente de salir ma réputation, etc...

Parfois, l'abus que nous subissons vient de nous-même, du fait qu'on ne se respecte pas dans nos besoins profonds tout simplement parce que nous ne les connaissons pas. Nous nous retrouvons face ce constat désespérant de ne pas réussir à correspondre à ce que nous attendons de nous-même ou ce que nous pensons que les autres attendent de nous. Je parle de cette liste absurde de ce que serait une "belle personne" du point de vue des croyances de notre culture, cette liste du cahier des charges inscrite quelque part dans l'inconscient collectif....absurde car ces critères après lesquels nous courront désespérément sont deshumanisants autant qu'impossibles à atteindre...Donc, oui, exiger de soi qu'on corresponde à ces critères-là n'est pas du tout respectueux de l'être humain que nous sommes. La colère nous montre à quel point ces exigences et cette course à la perfection humaine sont d'une stupidité sans nom.


Je ne peux plus fermer la porte pour préserver mon interieur car on m'a sortit de mes gonds. La colère en moi gronde car je suis à cet instant hors-de-moi, c'est-à-dire éjecté de mon centre sacré, je ne suis plus au gouvernail de mon existence.

Mon espace souverain, mon identité, mon espace intime ont été mis-à-mal. Si ca gronde en moi, et que je ressens physiquement ce feu bouillir à l'intérieur, c'est aussi pour me permettre de disposer de la force nécessaire à ma protection et la restauration de ce qui a été endommagé dans mon système.


Or, la colère dans notre société n'est jamais la bienvenue lorsqu'elle se manifeste. La colère est souvent impressionnante, ce qui fait qu'elle déclenche souvent la peur. En même temps, puisqu'elle sert exactement à ça: faire fuir l'agresseur en le chassant de notre territoire, il n'y aurait aucun sens à ce qu'elle s'exprime en douceur. Celui ou celle qui est en colère, on va lui dire que son état est inacceptable, on va l'humilier, le/la culpabiliser, on va essayer de le/la calmer, on va lui dire qu'il/elle pourrait tout de même se maitriser davantage. On lui fait comprendre qu'il/elle ne devrait pas se mettre dans cet état, ou pire: qu'il/elle se fait du mal!?!....La colère est clairement l'émotion interdite, surtout chez les femmes qui pourraient quand même sourire, car c'est plus joli une femme qui sourit... Remettre en question mon ressenti et mes émotions en les ridiculisant ou les interdisant va mettre en péril mon intuition, c'est une stratégie de manipulation qui me conduit à douter de ce que je ressens et de ce que j'ai réellement subis.


Rejeter ce précieux détecteur à abus qu'est la colère revient en vérité à rejeter notre puissance et notre droit d'exister en tant qu'individu à part entière.

Ne pas laisser notre colère prendre les commandes de nos décisions et agir à notre place, ça oui...car ce qui nous sert de messager ne doit pas devenir acteur à notre place...chacun son boulot!

En revanche, nier la colère, ne pas permettre à cette émotion de nous traverser, refouler la colère -alors qu'elle nous avertit d'un danger!-, fige notre sang, éteint notre feu intérieur, nous plombe et nous rend de plus en plus incapable de nous protéger efficacement, de poser des limites, ce qui nous expose en fait à tout type d'agression. Rejeter la colère nous met clairement en danger en nous dépossèdant petit à petit de nous-même et en nous anesthésiant sans que nous nous en rendions compte...


Punir un enfant parce qu'il est en colère au lieu de lui apprendre comment "dealer" avec cette émotion fulgurante est non seulement très destructeur mais aussi très humiliant et totalement insensé. Car cela revient à lui signifier que sa vie est si peu importante qu'elle ne mérite pas d'être préservée! A travers ce genre de punition, l'enfant entend qu'il ne vaut pas grand chose et qu'il doit se laisser abuser si il veut continuer d'être aimé....


Ressentir, accueillir et exprimer la colère: c'est bon pour la santé!

La colère refoulée (non-exprimée) devient une bombe à retardement!

Si j'interdis à mon armée intérieure de monter au front en cas d'attaque, elle risque de se retourner contre moi, en déclarant notamment par exemple une maladie auto-immune...La colère, lorsque je ne l'accueille pas parce qu'on ma appris à en avoir honte, et que je crois qu'elle est mauvaise, reste en moi, refroidissant et se cristallisant en crispant l'intérieur. La colère froide me durcit de l'interieur et me déshumanise tout en s'accumulant par couches jusqu'à parfois boucher mes artères quand elle ne me conduit pas à commettre des actes de cruauté sur les personnes de mon entourage...ne jamais se mettre en colère, c'est mettre toutes les chances de son côté de péter un plomb et de se retrouver malgré soi à l'origine de biens des dégâts...


Dissuader quelqu'un de se mettre en colère est le meilleur moyen de l'abuser en toute tranquillité. Coupé de ses émotions, il devient l'ombre de lui-même et on peut l'utiliser en toute impunité...On comprend mieux pourquoi dans une culture comme la nôtre, fonctionnant en grande majorité à partir du mode dominant/dominé, l'émotion colère est proscrite, et notamment interdite aux femmes afin de neutraliser la puissance sexuelle propre à leur individualité non reconnue à Patriarcat-Land! "Dissuadons les femmes de se mettre en colère pour mieux les exploiter!" C'est parce qu'elles se retrouvent coupées de leur propre puissance/défense et par extension de leur intégrité, qu'elles s'offriront plus docilement en pâture aux autres.


Nous mettre en colère ne fait pas de nous un animal fou dangereux, ça fait de nous au contraire un vrai humain, libre et souverain!


La colère: je l'accepte et j'écoute ce qu'elle me dit lorsqu'elle vient me traverser. Puis je ne la retiens pas une fois que le message est passé, que la juste action a pu être menée et que mon espace vital a été sainement sauvegardé.



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