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Sur la jalousie : quand l’être en nous crie "Femme-in"...

Jalousie: un mot inventé pour éclipser les femmes puisque selon une partie de son étymologie, une jalousie désigne un treillis destiné à dissimuler les femmes aux regards des autres. L'autre sens, gelos, signifie convoiter ardemment quelque chose.

Toute femme qui va grandir et tenter de se développer dans une société qui priorise les valeurs du masculin(le faire et l'avoir) au détriment de celles du féminin (l'être), va automatiquement manquer de nourriture. L’être au fond de nous, c’est-à-dire notre part sensible et sacrée, va grandir en manque de ces nourritures invisibles mais pourtant si essentielles à notre épanouissement telles que la reconnaissance, la confiance, l’amour, la tendresse, l’écoute, le respect, l’attention, la validation, etc…

Et ce manque intérieur avec lequel nous grandissons n’est pas conscient la plupart du temps. D’autant plus que nous croyons fermement– parce que c’est ce que notre éducation nous a appris- qu’en tant que femme, c’est normal de ne pas recevoir autant que les hommes, de ne pas disposer des mêmes opportunités, des mêmes droits et de la même liberté.


Lorsqu'on réalise qu'on manque de toutes ces choses qui rassurent et nourrissent l'être en nous...


C’est souvent en vieillissant et en croyant voir notre potentiel de réalisation se réduire comme une peau de chagrin et nos chances de connaitre le bonheur se retrouver derrière nous (jeunesse, performance, beauté, dynamisme, santé, opportunités, séduction etc…), que ces manques soudain se révèlent, accompagnés généralement de sentiments d’injustice, de honte et de colère difficile à accueillir. Lorsque ces émotions intenses et douloureuses jaillissent en nous sans prévenir, comment pourrait-on ne pas en avoir honte quand on continue de croire que la jalousie est un vilain défaut dont il s'agirait se débarrasser au plus vite ? Comment ne pas se sentir autrement qu' immensément mal à l’aise et perdue lorsque nous nous retrouvons malgré nous sans rien comprendre à ce qui nous arrive, assaillies par toutes ces émotions dites « interdites » dans notre culture ?


Il n'y a pas de fumée sans feu...

Or, la jalousie ce n’est pas un vilain défaut (un défaut : ce qui nous fait défaut : ce qui nous manque), ni un trait de caractère honteux, c’est juste le résultat des manques ressentis au niveau de notre être profond qui n’a pas été nourrit correctement dans cette culture dans laquelle on ne le reconnaît pas.


La jalousie, c'est le sentiment normal que ressent toute personne face à son propre vide intérieur.

À l'origine de la jalousie, il y a toujours un/des manque(s):

C'est parce que je manque de confiance en ma valeur d'être et mes atouts de femme que je vais ressentir de la jalousie, quand par exemple je me sens menacée dans mon couple par la présence d'une autre femme.

C'est parce que je manque d'amour, de tendresse, de complicité et de reconnaissance que j'en viens à jalouser mes amis qui ont l'air si heureux en couple...

Là où la jalousie est cependant particulièrement destructrice, c'est au sein des relations mère-fille: Lorsqu'il y a jalousie là où il devrait naturellement y avoir soutient, encouragement, célébration. La jalousie d'une mère instaure un climat de rivalité inadaptée, ce qui entraine chez la fille le sentiment qu'elle n'a pas le droit d'être heureuse tant que sa mère ne l'est pas puisqu'elle croit que c'est son bonheur à elle qui rend sa mère malheureuse.


Dieu sait à quel point nous pouvons croire qu'être heureuse face à quelqu'un qui souffre est indécent tant que nous sommes encore coincée dans notre propre blessure maternelle.

Voir quelqu’un qui nous semble mieux nourris que nous, ou en tout cas pourvu de ce dont nous avons été et nous estimons privées ravive en nous un sentiment aussi confus que légitime fait d’injustice, de colère et d’envie.

Même si la ressentir est toujours perçu comme problématique, la jalousie au fond n’est pas le problème, mais plutôt le symptôme d’un vide intérieur qui attend toujours d’être comblé de ce qui nous manque. En ce sens, on peut voir ce sentiment comme un appel à la guérison en vue de notre épanouissement plutôt qu’une déficience honteuse qu’il faudrait cacher en la faisant taire à tout prix.


Ne nous trompons pas d’ennemi ! En nous semblant plus heureux et plus chanceux que nous, celui ou celle qui fait naitre ce sentiment de jalousie en nous, n’est pas responsable de nos propres blessures et manques. Bien que la tentation soit grande de le lui faire payer, ça ne règle pas notre problème. Au contraire même, ça risque de l’empirer…car au même titre qu'on n’attire pas de mouches avec du vinaigre : si notre jalousie vient d’un manque d’amour intérieur, haïr les autres n’est pas le meilleur moyen d’en recevoir en retour...


Contrairement à l'adulte, l'enfant est toujours une victime. Une petite victime innocente que la femme adulte que nous sommes devenue va devoir immanquablement reconnaitre en elle pour pouvoir guérir .Nous ne sommes pas coupables de ce que nous n'avons pas reçu ou mal reçu, mais l'adulte que nous sommes devenue est responsable de ce qui continue d'agir en nous et c'est prendre notre responsabilité que d'entreprendre de le réparer.


Comment arrêter le massacre?

Comme toutes les émotions difficiles, mettre la jalousie sous le tapis en la niant ou la projeter sur les autres en les rendant coupables de leur plénitude va clairement la renforcer et la rendre encore plus destructrice pour nous comme pour notre entourage.


Le seul moyen de désamorcer cette bombe intérieure, c’est, après avoir compris d’où elle vient et ce qu’elle vient nous indiquer sur notre état intérieur, prendre la responsabilité de ce qui se passe en nous en acceptant ce cortège de sentiments désagréables et prendre au sérieux ce que ces ressentis viennent nous pointer : l'urgence de nous occuper de nourrir et de combler les besoins de cet être unique et merveilleux que nous sommes malgré tout…


Être une bonne mère pour soi-même, ça passe par la guérison de notre blessure maternelle dont la jalousie fait partie, mais ça passe aussi par apprendre à reconnaitre et à nourrir cette part à la fois si vulnérable et si puissante en nous. Cette part que certains nomment aussi l'"enfant intérieur" dont la puissance reste de nos jours encore très largement sous-estimée est capable du meilleur comme du pire. Qu'allons-nous choisir ? C'est à chacun et chacune d'en décider. L'autre bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas d'âge pour devenir cette bonne mère pour nous-même et commencer à semer des graines d'amour au lieu de continuer à semer du malheur et de la misère. Le nouveau monde, c'est à chacune et chacun de nous de le créer!


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